Objectif 2027

La dette publique, d'où elle vient

La dette publique a augmenté de 1 314 milliards d'euros entre fin juin 2017 et fin juin 2026. Cette page rassemble les chiffres officiels pour comprendre comment : les déficits, les crises, les intérêts, les impôts, les dépenses.

Chaque chiffre renvoie à sa source. Nous ne désignons ni responsable ni bonne politique : ces chiffres sont les mêmes pour tous les candidats, et chacun peut s'en servir pour juger leurs propositions.

La dette publique, c'est celle de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales réunis. Les mots techniques sont expliqués dans le glossaire.

Chiffres vérifiés au 4 novembre 2026

Chiffres clés

3 596 Md€ Dette publique fin juin 2026, soit 119,1 % du PIB
+1 314 Md€ Depuis fin juin 2017 (2 281 milliards)
65,7 Md€ Intérêts payés en 2025, contre 41,0 milliards en 2017
5,1 % du PIB Déficit public en 2025, soit 151,6 milliards d'euros

La dette depuis 2002

La dette a augmenté sous chacune des trois dernières présidences, plus vite pendant les crises. En euros, elle a été multipliée par 3,6 depuis 2002. Rapportée au PIB, la richesse produite en un an, elle est passée de 61,3 % à 115,7 %.

Dette publique en fin d'annéeEn milliards d'euros courants
Sarkozy Hollande Macron 0 1 000 2 000 3 000 4 000 20102020 3 460 2002 Dette : 9672003 Dette : 1 0602004 Dette : 1 1342005 Dette : 1 2012006 Dette : 1 2072007 Dette : 1 2692008 Dette : 1 3892009 Dette : 1 6272010 Dette : 1 7222011 Dette : 1 8302012 Dette : 1 9162013 Dette : 2 0052014 Dette : 2 0712015 Dette : 2 1352016 Dette : 2 1912017 Dette : 2 2632018 Dette : 2 3212019 Dette : 2 3872020 Dette : 2 6642021 Dette : 2 8292022 Dette : 2 9562023 Dette : 3 1032024 Dette : 3 3062025 Dette : 3 460 Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron 0 1 000 2 000 3 000 4 000 Crise financière Crise sanitaire Flambée des prix de l'énergie 200420062008201020122014201620182020202220242026 3 460 2002 Dette : 9672003 Dette : 1 0602004 Dette : 1 1342005 Dette : 1 2012006 Dette : 1 2072007 Dette : 1 2692008 Dette : 1 3892009 Dette : 1 6272010 Dette : 1 7222011 Dette : 1 8302012 Dette : 1 9162013 Dette : 2 0052014 Dette : 2 0712015 Dette : 2 1352016 Dette : 2 1912017 Dette : 2 2632018 Dette : 2 3212019 Dette : 2 3872020 Dette : 2 6642021 Dette : 2 8292022 Dette : 2 9562023 Dette : 3 1032024 Dette : 3 3062025 Dette : 3 460
La même dette rapportée au PIBEn % du PIB
Sarkozy Hollande Macron 0 25 50 75 100 125 20102020 115,7 % 2002 Dette : 61,3 %2003 Dette : 65,4 %2004 Dette : 66,9 %2005 Dette : 68,2 %2006 Dette : 65,4 %2007 Dette : 65,5 %2008 Dette : 69,8 %2009 Dette : 84,1 %2010 Dette : 86,3 %2011 Dette : 88,7 %2012 Dette : 91,7 %2013 Dette : 94,6 %2014 Dette : 96,2 %2015 Dette : 97,0 %2016 Dette : 98,1 %2017 Dette : 98,8 %2018 Dette : 98,5 %2019 Dette : 98,2 %2020 Dette : 114,9 %2021 Dette : 112,8 %2022 Dette : 111,4 %2023 Dette : 109,5 %2024 Dette : 112,6 %2025 Dette : 115,7 % Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron 0 25 50 75 100 125 Crise financière Crise sanitaire Flambée des prix de l'énergie 200420062008201020122014201620182020202220242026 115,7 % 2002 Dette : 61,3 %2003 Dette : 65,4 %2004 Dette : 66,9 %2005 Dette : 68,2 %2006 Dette : 65,4 %2007 Dette : 65,5 %2008 Dette : 69,8 %2009 Dette : 84,1 %2010 Dette : 86,3 %2011 Dette : 88,7 %2012 Dette : 91,7 %2013 Dette : 94,6 %2014 Dette : 96,2 %2015 Dette : 97,0 %2016 Dette : 98,1 %2017 Dette : 98,8 %2018 Dette : 98,5 %2019 Dette : 98,2 %2020 Dette : 114,9 %2021 Dette : 112,8 %2022 Dette : 111,4 %2023 Dette : 109,5 %2024 Dette : 112,6 %2025 Dette : 115,7 %

Bandes grises : les présidences. Traits sous la courbe : crise financière (2008-2009), crise sanitaire (2020-2021), flambée des prix de l'énergie (2022-2023). Point creux : chiffre provisoire. Source : Eurostat, comptes des administrations publiques, mis à jour le 21 octobre 2026.

Voir les chiffres en tableau
Fin d'annéeDette (milliards d'euros)En % du PIB
200296761,3 %
20031 06065,4 %
20041 13466,9 %
20051 20168,2 %
20061 20765,4 %
20071 26965,5 %
20081 38969,8 %
20091 62784,1 %
20101 72286,3 %
20111 83088,7 %
20121 91691,7 %
20132 00594,6 %
20142 07196,2 %
20152 13597,0 %
20162 19198,1 %
20172 26398,8 %
20182 32198,5 %
20192 38798,2 %
20202 664114,9 %
20212 829112,8 %
20222 956111,4 %
20233 103109,5 %
20243 306112,6 %
20253 460115,7 %

Présidence par présidence

La dette n'étant publiée qu'en fin de trimestre, chaque période va de la fin juin qui suit une investiture à la fin juin qui suit la suivante.

Hausse de la dette publiqueEn milliards d'euros courants
Nicolas Sarkozyfin juin 2007 → fin juin 2012
+645129 par an
François Hollandefin juin 2012 → fin juin 2017
+35972 par an
Emmanuel Macronfin juin 2017 → fin juin 2026
+1 314146 par an
PrésidenceDette au débutDette à la finHaussePar anEn % du PIB
Nicolas Sarkozy
fin juin 2007 → fin juin 2012
1 278 Md€ 1 923 Md€ +645 Md€ 129 Md€ 67,5 % → 92,6 %
+25,1 points
François Hollande
fin juin 2012 → fin juin 2017
1 923 Md€ 2 281 Md€ +359 Md€ 72 Md€ 92,6 % → 101,2 %
+8,6 points
Emmanuel Macron
fin juin 2017 → fin juin 2026
2 281 Md€ 3 596 Md€ +1 314 Md€ 146 Md€ 101,2 % → 119,1 %
+17,9 points

Source : Eurostat, dette trimestrielle des administrations publiques. Hausses et moyennes annuelles : calcul.

Pour comparer honnêtement

  • Les durées diffèrent : cinq ans pour les deux premières présidences, 9 ans (deux mandats) pour la troisième. D'où la colonne « par an ».
  • Les crises ne tombent pas au même moment : la crise financière de 2008-2009 sous Nicolas Sarkozy, la crise sanitaire et la flambée des prix de l'énergie sous Emmanuel Macron. Leur poids est détaillé plus bas.
  • Les montants sont en euros courants : avec l'inflation, un milliard de 2007 ne vaut pas un milliard de 2026. Rapportée au PIB, qui intègre la hausse des prix, la hausse est de 25 points, 9 points, puis 18 points.
  • Le premier budget d'un président s'applique à l'année qui suit son élection : une partie de la première année relève encore du budget voté sous son prédécesseur.

D'où viennent les 1 197 milliards de 2018 à 2025

Chaque année, la dette augmente du déficit : ce qui manque pour que les recettes couvrent les dépenses, y compris les intérêts des emprunts passés. S'y ajoutent des mouvements de trésorerie, quand l'État garde plus ou moins d'argent en caisse.

Hausse cumulée de la dette, fin 2017 à fin 2025En milliards d'euros courants
  • Intérêts de la dette 373 (31 %)
  • Déficit hors intérêts 710 (59 %)
  • Trésorerie et ajustements 113 (9 %)

Source : Eurostat, déficit, intérêts versés et dette des administrations publiques. Sommes et parts : calcul.

  • Pendant les crises, de 2020 à 2022 : +568 milliards, dont 383 de déficit hors intérêts.
  • Après les crises, de 2023 à 2025 : +504 milliards. Le déficit hors intérêts n'est pas revenu à son niveau d'avant : 99, 109 puis 86 milliards par an, contre 13 et 21 milliards en 2018 et 2019.
  • Les intérêts représentent 373 milliards sur la période : c'est le coût des dettes accumulées auparavant, sous toutes les présidences.
Le déficit public chaque année, intérêts à partEn milliards d'euros courants
Sarkozy Hollande Macron 0 50 100 150 200 250 20102020 2003 Déficit hors intérêts : 20 Intérêts de la dette : 472004 Déficit hors intérêts : 13 Intérêts de la dette : 482005 Déficit hors intérêts : 14 Intérêts de la dette : 482006 Déficit hors intérêts : 1 Intérêts de la dette : 482007 Déficit hors intérêts : 6 Intérêts de la dette : 522008 Déficit hors intérêts : 13 Intérêts de la dette : 572009 Déficit hors intérêts : 94 Intérêts de la dette : 492010 Déficit hors intérêts : 92 Intérêts de la dette : 512011 Déficit hors intérêts : 53 Intérêts de la dette : 562012 Déficit hors intérêts : 53 Intérêts de la dette : 552013 Déficit hors intérêts : 55 Intérêts de la dette : 492014 Déficit hors intérêts : 51 Intérêts de la dette : 472015 Déficit hors intérêts : 41 Intérêts de la dette : 452016 Déficit hors intérêts : 42 Intérêts de la dette : 422017 Déficit hors intérêts : 36 Intérêts de la dette : 412018 Déficit hors intérêts : 13 Intérêts de la dette : 422019 Déficit hors intérêts : 21 Intérêts de la dette : 372020 Déficit hors intérêts : 177 Intérêts de la dette : 302021 Déficit hors intérêts : 130 Intérêts de la dette : 352022 Déficit hors intérêts : 75 Intérêts de la dette : 512023 Déficit hors intérêts : 99 Intérêts de la dette : 532024 Déficit hors intérêts : 109 Intérêts de la dette : 602025 Déficit hors intérêts : 86 Intérêts de la dette : 66 Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron 0 50 100 150 200 250 20042006200820102012201420162018202020222024 2003 Déficit hors intérêts : 20 Intérêts de la dette : 472004 Déficit hors intérêts : 13 Intérêts de la dette : 482005 Déficit hors intérêts : 14 Intérêts de la dette : 482006 Déficit hors intérêts : 1 Intérêts de la dette : 482007 Déficit hors intérêts : 6 Intérêts de la dette : 522008 Déficit hors intérêts : 13 Intérêts de la dette : 572009 Déficit hors intérêts : 94 Intérêts de la dette : 492010 Déficit hors intérêts : 92 Intérêts de la dette : 512011 Déficit hors intérêts : 53 Intérêts de la dette : 562012 Déficit hors intérêts : 53 Intérêts de la dette : 552013 Déficit hors intérêts : 55 Intérêts de la dette : 492014 Déficit hors intérêts : 51 Intérêts de la dette : 472015 Déficit hors intérêts : 41 Intérêts de la dette : 452016 Déficit hors intérêts : 42 Intérêts de la dette : 422017 Déficit hors intérêts : 36 Intérêts de la dette : 412018 Déficit hors intérêts : 13 Intérêts de la dette : 422019 Déficit hors intérêts : 21 Intérêts de la dette : 372020 Déficit hors intérêts : 177 Intérêts de la dette : 302021 Déficit hors intérêts : 130 Intérêts de la dette : 352022 Déficit hors intérêts : 75 Intérêts de la dette : 512023 Déficit hors intérêts : 99 Intérêts de la dette : 532024 Déficit hors intérêts : 109 Intérêts de la dette : 602025 Déficit hors intérêts : 86 Intérêts de la dette : 66
  • Déficit hors intérêts
  • Intérêts de la dette

Le déficit hors intérêts est appelé « déficit primaire ». Source : Eurostat ; déficit hors intérêts : calcul (déficit moins intérêts versés).

Voir les chiffres en tableau
AnnéeHausse de la detteDéficitdont intérêtsdont hors intérêtsTrésorerie et ajustements
200393,666,3 (4,1 % du PIB)46,719,727,3
200473,960,3 (3,6 % du PIB)47,512,813,6
200567,161,8 (3,5 % du PIB)47,814,05,3
20065,849,1 (2,7 % du PIB)48,11,0-43,2
200761,557,9 (3,0 % du PIB)52,15,83,6
2008120,569,7 (3,5 % du PIB)57,212,550,9
2009237,8142,8 (7,4 % du PIB)49,393,694,9
201095,0142,8 (7,2 % du PIB)50,792,1-47,8
2011108,0109,4 (5,3 % du PIB)56,053,4-1,4
201285,7108,0 (5,2 % du PIB)54,953,0-22,3
201389,1104,7 (4,9 % du PIB)49,455,3-15,6
201466,298,5 (4,6 % du PIB)47,351,2-32,3
201563,785,7 (3,9 % du PIB)44,741,0-21,9
201655,784,0 (3,8 % du PIB)42,441,6-28,4
201772,877,1 (3,4 % du PIB)41,036,0-4,3
201857,554,6 (2,3 % du PIB)41,713,02,8
201966,758,2 (2,4 % du PIB)36,921,48,4
2020276,5207,1 (8,9 % du PIB)29,7177,469,4
2021164,9165,1 (6,6 % du PIB)34,8130,3-0,2
2022126,9125,9 (4,7 % du PIB)50,975,01,0
2023147,6151,9 (5,4 % du PIB)53,498,5-4,3
2024202,8169,1 (5,8 % du PIB)60,1109,033,7
2025154,0151,6 (5,1 % du PIB)65,785,92,4

En milliards d'euros courants.

Ce qu'ont coûté les crises

Crise sanitaire

157 milliards d'euros

Dépenses de soutien et de relance des administrations publiques en 2020 et 2021 : fonds de solidarité pour les entreprises (39,8 milliards), activité partielle (34,3), santé (32), plan de relance (25,4), exonérations de cotisations, revenus de remplacement. S'y ajoutent 34,9 milliards en 2022 et 12,4 milliards en 2023. Ces montants ne comptent pas les recettes perdues pendant la récession ; le plan de relance a été financé à 40 % par l'Union européenne.

Cour des comptes, La situation et les perspectives des finances publiques, juillet 2022, tableau 8 ; juillet 2024, tableau 3

Flambée des prix de l'énergie

72 milliards d'euros bruts, 36 nets

Coût pour le budget de l'État des boucliers tarifaires et des aides contre la hausse des prix de l'énergie, de l'automne 2021 à 2024. Le coût net déduit ce que la hausse des prix a rapporté par ailleurs à l'État (moindres soutiens aux énergies renouvelables, contribution sur les rentes des producteurs d'électricité). D'autres estimations, sur d'autres périmètres, vont de 60 milliards (Banque de France, aides aux ménages en 2022 et 2023) à 86 milliards (Cour des comptes, janvier 2025, ensemble des mesures liées aux prix de l'énergie).

Cour des comptes, Les mesures exceptionnelles de lutte contre la hausse des prix de l'énergie, mars 2024

Quelle part de la hausse de la dette les crises expliquent-elles ? Aucune institution publique n'a fait ce calcul en euros. Deux estimations, qui ne comptent pas de la même façon :

  • OFCE, centre de recherche de Sciences Po (mai 2024). De 2016 à 2023, les crises et les effets passagers expliquent 52 % de la hausse de la dette rapportée au PIB, et 69 % si l'on compte le plan de relance comme une mesure de crise. Le reste vient de choix budgétaires durables. Parmi eux, 40 milliards d'euros par an en 2023 de mesures non prévues et non financées, pour l'essentiel des baisses d'impôts ou des hausses abandonnées : renoncement à la hausse de la taxe carbone, baisse des impôts de production, fin de la taxe d'habitation pour les 20 % les plus aisés, baisse de l'impôt sur le revenu. source ↗
  • François Ecalle, ancien magistrat de la Cour des comptes, sous serment devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale (mai 2024). Sur les 911 milliards d'euros de hausse de fin 2016 à fin 2023, le déficit déjà présent avant 2017, « l'héritage de l'histoire de cinquante ans de politique économique », explique 50 à 70 % ; les mesures de hausse ou de baisse des dépenses et des recettes décidées de 2017 à 2023, crises comprises, 20 à 35 % ; la conjoncture, 0 à 10 %. source ↗

Les mesures durables qui pèsent le plus depuis 2007

Au-delà des crises, certaines décisions coûtent chaque année : des baisses d'impôts ou de cotisations, et des dépenses nouvelles. Voici les principales depuis 2007, rangées selon leur coût annuel une fois pleinement en place, tel que l'organisme cité le chiffre.

Ces montants ne s'additionnent pas : périmètres et années de référence diffèrent, et certaines mesures ont été financées en partie par d'autres hausses. Une mesure coûteuse n'est pas pour autant inutile : ses effets sur l'emploi, l'investissement ou le pouvoir d'achat se discutent.

Coût annuel des principales mesures durables depuis 2007En milliards d'euros par an
  • Baisse d'impôts ou de cotisations : moins de recettes
  • Dépense nouvelle durable
  1. Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, devenu en 2019 un allègement de cotisations Hollande · 2013 · 18 à 23 milliards par an de 2014 à 2018 · France Stratégie, 2018
    ≈ 20
  2. Suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales Macron · 2018-2023 · Cour des comptes, 2025
    18,9
  3. Hausse du budget des armées (lois de programmation militaire) Macron · 2019-2030 · 50,5 milliards en 2025 contre 32,2 en 2017, en euros courants (calcul) · Loi de programmation militaire, 2026
    18,3
  4. Ségur de la santé (revalorisations et aides durables) Macron · 2020-2021 · dépenses durables en 2024, dont 10,9 de salaires · Annexe au budget de la Sécurité sociale 2026
    12,0
  5. Impôt sur les sociétés ramené de 33,3 % à 25 % Hollande puis Macron · 2017-2022 · 7,1 votés fin 2016, 4,1 en 2017 · Assemblée nationale, 2017
    11,2
  6. Baisse des impôts de production Macron · 2021 · Sénat, 2020
    10,1
  7. Pacte de responsabilité : allègements de cotisations Hollande · 2015-2016 · Assemblée nationale, 2016
    ≈ 10
  8. Hausse de 3,5 % du point d'indice des fonctionnaires Macron · 2022 · Sénat, 2025
    7,6
  9. Baisse de l'impôt sur le revenu Macron · 2020 · Assemblée nationale, 2019
    5
  10. Baisse de l'impôt sur le revenu des ménages modestes Hollande · 2014-2017 · Assemblée nationale, 2016
    ≈ 5
  11. Suppression de la taxe professionnelle Sarkozy · 2010 · remplacée par deux nouveaux impôts locaux · Cour des comptes, 2011
    4,8
  12. Impôt sur la fortune remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière Macron · 2018 · France Stratégie, 2023
    4,5
  13. Heures supplémentaires défiscalisées et exonérées (loi TEPA) Sarkozy · 2007 · supprimées en 2012 · Assemblée nationale, 2011
    ≈ 4,5
  14. Heures supplémentaires sans cotisations salariales ni impôt sur le revenu Macron · 2019 · Annexe au budget 2026
    4,4
  15. Première étape de suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises Macron · 2023 · Sénat, 2022
    4
  16. Aide à l'embauche d'apprentis Macron · 2020 · en 2024 · Cour des comptes, 2025
    ≈ 3,9
  17. Réforme des carrières des fonctionnaires (PPCR) Hollande · 2016-2017 · Cour des comptes, 2022
    3,6
  18. Hausse de 1,5 % du point d'indice des fonctionnaires Macron · 2023 · plus 2,1 milliards pour 5 points en janvier 2024 · Sénat, 2025
    3,4
  19. Réforme du crédit d'impôt recherche Sarkozy · 2008 · 5,2 milliards en 2011 contre 1,8 en 2007 (calcul) · Cour des comptes, 2013
    ≈ 3,4
  20. Suppression de la contribution à l'audiovisuel public Macron · 2022 · Assemblée nationale, 2022
    3,2
  21. Gel de la hausse prévue de la taxe carbone Macron · 2019 · par rapport à la hausse votée, plus de 12 milliards par an à terme · Cour des comptes, 2022
    2,9
  22. Hausses du point d'indice de 2016 et 2017 Hollande · 2016-2017 · Cour des comptes, 2022
    2,9
  23. Revalorisation exceptionnelle de la prime d'activité Macron · 2019 · décidée en décembre 2018 · Assemblée nationale, 2020
    2,8

Également, sous 2,8 milliards par an : TVA à 5,5 % dans la restauration (2009) : 2,6 milliards nets par an, taux relevé ensuite ; fin de la surtaxe d'impôt sur les sociétés (2017) : 2,6 ; droits de succession de la loi TEPA : 2,3 prévus, en partie repris en 2012 ; abattements sur la contribution sociale de solidarité des sociétés : 2,0 ; prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital : 1,9 ; crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier : 1,9 en 2011, fermé depuis ; bouclier fiscal : 0,7 en 2009, supprimé.

Voir les chiffres en tableau
RangMesurePrésidenceAnnéeCoût annuelSource
1Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, devenu en 2019 un allègement de cotisations
18 à 23 milliards par an de 2014 à 2018
Hollande2013≈ 20 Md€France Stratégie, 2018
2Suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principalesMacron2018-202318,9 Md€Cour des comptes, 2025
3Hausse du budget des armées (lois de programmation militaire)
50,5 milliards en 2025 contre 32,2 en 2017, en euros courants (calcul)
Macron2019-203018,3 Md€Loi de programmation militaire, 2026
4Ségur de la santé (revalorisations et aides durables)
dépenses durables en 2024, dont 10,9 de salaires
Macron2020-202112,0 Md€Annexe au budget de la Sécurité sociale 2026
5Impôt sur les sociétés ramené de 33,3 % à 25 %
7,1 votés fin 2016, 4,1 en 2017
Hollande puis Macron2017-202211,2 Md€Assemblée nationale, 2017
6Baisse des impôts de productionMacron202110,1 Md€Sénat, 2020
7Pacte de responsabilité : allègements de cotisationsHollande2015-2016≈ 10 Md€Assemblée nationale, 2016
8Hausse de 3,5 % du point d'indice des fonctionnairesMacron20227,6 Md€Sénat, 2025
9Baisse de l'impôt sur le revenuMacron20205 Md€Assemblée nationale, 2019
10Baisse de l'impôt sur le revenu des ménages modestesHollande2014-2017≈ 5 Md€Assemblée nationale, 2016
11Suppression de la taxe professionnelle
remplacée par deux nouveaux impôts locaux
Sarkozy20104,8 Md€Cour des comptes, 2011
12Impôt sur la fortune remplacé par l'impôt sur la fortune immobilièreMacron20184,5 Md€France Stratégie, 2023
13Heures supplémentaires défiscalisées et exonérées (loi TEPA)
supprimées en 2012
Sarkozy2007≈ 4,5 Md€Assemblée nationale, 2011
14Heures supplémentaires sans cotisations salariales ni impôt sur le revenuMacron20194,4 Md€Annexe au budget 2026
15Première étape de suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprisesMacron20234 Md€Sénat, 2022
16Aide à l'embauche d'apprentis
en 2024
Macron2020≈ 3,9 Md€Cour des comptes, 2025
17Réforme des carrières des fonctionnaires (PPCR)Hollande2016-20173,6 Md€Cour des comptes, 2022
18Hausse de 1,5 % du point d'indice des fonctionnaires
plus 2,1 milliards pour 5 points en janvier 2024
Macron20233,4 Md€Sénat, 2025
19Réforme du crédit d'impôt recherche
5,2 milliards en 2011 contre 1,8 en 2007 (calcul)
Sarkozy2008≈ 3,4 Md€Cour des comptes, 2013
20Suppression de la contribution à l'audiovisuel publicMacron20223,2 Md€Assemblée nationale, 2022
21Gel de la hausse prévue de la taxe carbone
par rapport à la hausse votée, plus de 12 milliards par an à terme
Macron20192,9 Md€Cour des comptes, 2022
22Hausses du point d'indice de 2016 et 2017Hollande2016-20172,9 Md€Cour des comptes, 2022
23Revalorisation exceptionnelle de la prime d'activité
décidée en décembre 2018
Macron20192,8 Md€Assemblée nationale, 2020

En sens inverse : hausses d'impôts et économies

  • Hausses d'impôts de 2011 : +23 milliards d'euros ; de 2012 et 2013 : +22,8 puis +29,5 milliards, dont une partie votée avant l'élection de François Hollande ; TVA de 2014 : +6,5 milliards par an. Cour des comptes, 2012 et 2017 ; Insee
  • Réformes des retraites : 2010, environ 26 milliards par an d'amélioration attendue en 2018 (prévision du gouvernement) ; 2023, environ 10 milliards en 2030 pour les retraites, et 8 à 14 milliards de recettes en plus pour les autres administrations. Cour des comptes, 2011 et 2025
  • Hausses d'impôts de 2025 et 2026 : 37 milliards d'euros, dont la contribution exceptionnelle des grandes entreprises (+8 milliards en 2025, temporaire). Cour des comptes, 2026 ; Insee

Avant 2007 : selon le rapport demandé en 2010 au directeur général de l'Insee et à un magistrat de la Cour des comptes, les baisses de prélèvements décidées depuis 1999 ont réduit les recettes de près de 3 points de PIB ; sans elles, la dette aurait été inférieure d'environ 20 points de PIB. Rapport Champsaur-Cotis, avril 2010

Recettes et dépenses

Le déficit est l'écart entre les deux courbes ci-dessous. Rapportées au PIB, les dépenses publiques sont revenues après le pic de 2020 à peu près à leur niveau de 2017 (57,3 % en 2025 contre 57,7 %), mais au-dessus de 2019 (55,3 %). Les recettes sont plus basses qu'en 2017 (52,2 % contre 54,3 %).

Rapportée au PIB, une dépense peut baisser alors qu'elle augmente en euros : il suffit que la richesse produite augmente plus vite.

Recettes et dépenses publiquesEn % du PIB
Sarkozy Hollande Macron 45 50 55 60 65 20102020 57,3 % Dépenses 52,2 % Recettes 2002 Dépenses : 53,9 % Recettes : 50,7 %2003 Dépenses : 54,4 % Recettes : 50,3 %2004 Dépenses : 54,0 % Recettes : 50,4 %2005 Dépenses : 54,3 % Recettes : 50,8 %2006 Dépenses : 53,8 % Recettes : 51,1 %2007 Dépenses : 53,6 % Recettes : 50,6 %2008 Dépenses : 54,3 % Recettes : 50,8 %2009 Dépenses : 58,0 % Recettes : 50,6 %2010 Dépenses : 57,7 % Recettes : 50,6 %2011 Dépenses : 57,0 % Recettes : 51,7 %2012 Dépenses : 57,9 % Recettes : 52,7 %2013 Dépenses : 58,6 % Recettes : 53,7 %2014 Dépenses : 58,4 % Recettes : 53,8 %2015 Dépenses : 57,6 % Recettes : 53,7 %2016 Dépenses : 57,4 % Recettes : 53,6 %2017 Dépenses : 57,7 % Recettes : 54,3 %2018 Dépenses : 56,4 % Recettes : 54,0 %2019 Dépenses : 55,3 % Recettes : 53,0 %2020 Dépenses : 61,7 % Recettes : 52,8 %2021 Dépenses : 59,5 % Recettes : 52,9 %2022 Dépenses : 58,4 % Recettes : 53,7 %2023 Dépenses : 56,8 % Recettes : 51,4 %2024 Dépenses : 57,0 % Recettes : 51,2 %2025 Dépenses : 57,3 % Recettes : 52,2 % Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron 45 50 55 60 65 Crise financière Crise sanitaire Flambée des prix de l'énergie 2002200420062008201020122014201620182020202220242026 57,3 % Dépenses 52,2 % Recettes 2002 Dépenses : 53,9 % Recettes : 50,7 %2003 Dépenses : 54,4 % Recettes : 50,3 %2004 Dépenses : 54,0 % Recettes : 50,4 %2005 Dépenses : 54,3 % Recettes : 50,8 %2006 Dépenses : 53,8 % Recettes : 51,1 %2007 Dépenses : 53,6 % Recettes : 50,6 %2008 Dépenses : 54,3 % Recettes : 50,8 %2009 Dépenses : 58,0 % Recettes : 50,6 %2010 Dépenses : 57,7 % Recettes : 50,6 %2011 Dépenses : 57,0 % Recettes : 51,7 %2012 Dépenses : 57,9 % Recettes : 52,7 %2013 Dépenses : 58,6 % Recettes : 53,7 %2014 Dépenses : 58,4 % Recettes : 53,8 %2015 Dépenses : 57,6 % Recettes : 53,7 %2016 Dépenses : 57,4 % Recettes : 53,6 %2017 Dépenses : 57,7 % Recettes : 54,3 %2018 Dépenses : 56,4 % Recettes : 54,0 %2019 Dépenses : 55,3 % Recettes : 53,0 %2020 Dépenses : 61,7 % Recettes : 52,8 %2021 Dépenses : 59,5 % Recettes : 52,9 %2022 Dépenses : 58,4 % Recettes : 53,7 %2023 Dépenses : 56,8 % Recettes : 51,4 %2024 Dépenses : 57,0 % Recettes : 51,2 %2025 Dépenses : 57,3 % Recettes : 52,2 %

Axe vertical à partir de 45 %. Source : Eurostat, recettes et dépenses totales des administrations publiques.

Attention à un effet d'écriture : le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi était compté comme une dépense jusqu'en 2018. Remplacé en 2019 par un allègement de cotisations sociales, il est depuis compté en moindres recettes. Une partie de la baisse des deux courbes entre 2017 et 2019 tient à ce changement. Insee Première n° 2093, février 2026

Voir les chiffres en tableau
AnnéeRecettesDépensesdont intérêts
200250,7 %53,9 %3,0 %
200350,3 %54,4 %2,9 %
200450,4 %54,0 %2,8 %
200550,8 %54,3 %2,7 %
200651,1 %53,8 %2,6 %
200750,6 %53,6 %2,7 %
200850,8 %54,3 %2,9 %
200950,6 %58,0 %2,5 %
201050,6 %57,7 %2,5 %
201151,7 %57,0 %2,7 %
201252,7 %57,9 %2,6 %
201353,7 %58,6 %2,3 %
201453,8 %58,4 %2,2 %
201553,7 %57,6 %2,0 %
201653,6 %57,4 %1,9 %
201754,3 %57,7 %1,8 %
201854,0 %56,4 %1,8 %
201953,0 %55,3 %1,5 %
202052,8 %61,7 %1,3 %
202152,9 %59,5 %1,4 %
202253,7 %58,4 %1,9 %
202351,4 %56,8 %1,9 %
202451,2 %57,0 %2,0 %
202552,2 %57,3 %2,2 %

En % du PIB.

Le déficit vient-il de dépenses trop fortes ou de recettes trop faibles ? Les institutions ne répondent pas de la même façon, parce qu'elles ne partent pas de la même année.

Depuis 2017 : surtout moins de recettes

De 2017 à 2024, le déficit passe de 3,4 % à 5,8 % du PIB. Selon l'OFCE, centre de recherche économique de Sciences Po, le taux de prélèvements obligatoires a baissé de 2,5 points de PIB sur la période (1,6 point pour les ménages, 0,9 pour les entreprises), tandis que la dépense hors intérêts a légèrement reculé rapportée à la richesse produite.

OFCE, Working Paper n° 13, juillet 2025

Depuis 2019 : surtout plus de dépenses

Rapportée au PIB, la dépense publique hors crédits d'impôt est en 2025 2,0 points au-dessus de son niveau d'avant la crise sanitaire, alors que la plupart des mesures exceptionnelles ont pris fin : la Cour des comptes parle d'« effet de cliquet ». Selon elle, les déficits hors intérêts accumulés depuis 2020 expliquent entièrement la hausse de la dette rapportée au PIB depuis la crise sanitaire.

Cour des comptes, juin 2025 et juin 2026

Les deux constats sont exacts et compatibles : les recettes ont baissé surtout entre 2017 et 2019, les dépenses ont augmenté surtout à partir de 2020.

Les prévisions manquées de 2023 et 2024

En 2023 et 2024, le déficit a été bien plus élevé que prévu : 5,8 % du PIB constatés en 2024 contre 4,4 % prévus dans le budget. Une commission d'enquête de l'Assemblée nationale chiffre les recettes manquantes par rapport aux prévisions à 20,7 milliards d'euros en 2023 et 40,1 milliards en 2024 (impôt sur les sociétés, TVA, impôt sur le revenu, contribution sur les producteurs d'électricité). Les recettes ont progressé moins vite que l'activité, ce que les prévisions n'avaient pas anticipé. Assemblée nationale, rapport n° 1274 de la commission des finances dotée des prérogatives d'une commission d'enquête, avril 2025

Les baisses et les hausses d'impôts depuis 2012

Le taux de prélèvements obligatoires, c'est-à-dire l'ensemble des impôts et cotisations rapporté au PIB, a augmenté de 2011 à 2017, puis baissé jusqu'en 2024, avant de remonter en 2025.

Taux de prélèvements obligatoiresImpôts et cotisations sociales, en % du PIB
Sarkozy Hollande Macron 40 42 44 46 20102020 43,6 % 2002 Prélèvements : 42,5 %2003 Prélèvements : 42,3 %2004 Prélèvements : 42,4 %2005 Prélèvements : 42,7 %2006 Prélèvements : 43,0 %2007 Prélèvements : 42,3 %2008 Prélèvements : 42,1 %2009 Prélèvements : 41,2 %2010 Prélèvements : 41,4 %2011 Prélèvements : 42,6 %2012 Prélèvements : 43,9 %2013 Prélèvements : 44,8 %2014 Prélèvements : 44,6 %2015 Prélèvements : 44,5 %2016 Prélèvements : 44,6 %2017 Prélèvements : 45,3 %2018 Prélèvements : 44,9 %2019 Prélèvements : 44,0 %2020 Prélèvements : 44,3 %2021 Prélèvements : 44,2 %2022 Prélèvements : 45,0 %2023 Prélèvements : 43,2 %2024 Prélèvements : 42,7 %2025 Prélèvements : 43,6 % (provisoire) Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron 40 42 44 46 2002200420062008201020122014201620182020202220242026 43,6 % 2002 Prélèvements : 42,5 %2003 Prélèvements : 42,3 %2004 Prélèvements : 42,4 %2005 Prélèvements : 42,7 %2006 Prélèvements : 43,0 %2007 Prélèvements : 42,3 %2008 Prélèvements : 42,1 %2009 Prélèvements : 41,2 %2010 Prélèvements : 41,4 %2011 Prélèvements : 42,6 %2012 Prélèvements : 43,9 %2013 Prélèvements : 44,8 %2014 Prélèvements : 44,6 %2015 Prélèvements : 44,5 %2016 Prélèvements : 44,6 %2017 Prélèvements : 45,3 %2018 Prélèvements : 44,9 %2019 Prélèvements : 44,0 %2020 Prélèvements : 44,3 %2021 Prélèvements : 44,2 %2022 Prélèvements : 45,0 %2023 Prélèvements : 43,2 %2024 Prélèvements : 42,7 %2025 Prélèvements : 43,6 % (provisoire)

Axe vertical à partir de 40 %. Point creux : chiffre provisoire. Source : Insee, taux de prélèvements obligatoires (comptes nationaux, base 2020), août 2026.

Voici les principales mesures depuis 2012, chacune avec le chiffrage de l'organisme cité. Il s'agit seulement de leur effet sur les recettes : leurs effets sur l'emploi, l'investissement ou le pouvoir d'achat se discutent, et sont évoqués plus bas pour les aides aux entreprises.

Un cas à part : en 2019, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi a été remplacé par un allègement de cotisations pérenne d'un montant comparable, d'environ 20 milliards d'euros par an. Pour le budget de l'État, l'année de transition a cumulé le remboursement des crédits d'impôt passés et le nouvel allègement.

Effet des principales mesures sur les recettes publiquesEn milliards d'euros par an, une fois la mesure pleinement en place
  • Baisse d'impôts ou de cotisations : moins de recettes
  • Hausse : plus de recettes

Présidence de François Hollande (2012-2017)

Hausse de la TVA (taux normal de 19,6 à 20 %, taux intermédiaire de 7 à 10 %) (2014) 5,6 milliards prévus par le gouvernement. Elle devait financer en partie le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.
Fin de l'exonération des heures supplémentaires (2012) Somme des chiffrages de l'Insee pour 2012, 2013 et 2014 (calcul).
Limitation de la déduction des intérêts d'emprunt des entreprises (2013)
Prélèvements sociaux sur les revenus du capital : +2 points (2012)
Forfait social sur l'épargne salariale porté de 8 à 20 % (2012)
Revenus du capital soumis au barème de l'impôt sur le revenu (2013)
Impôt sur la fortune : retour au barème progressif (2013)
Tranche d'impôt sur le revenu à 45 % (2013)
Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (2013-2018) De 18 à 23 milliards par an de 2014 à 2018 ; 111,6 milliards au total pour les salaires de 2013 à 2018 (calcul). Compté comme une dépense par l'Insee.
environ −20 source ↗
Pacte de responsabilité : allègements de cotisations (2015-2016) Somme des chiffrages du gouvernement pour 2017 (calcul).
environ −10 source ↗
Baisse du taux de l'impôt sur les sociétés vers 28 %, votée fin 2016 (2017-2020) Montant en régime de croisière.
−7,1 source ↗
Baisse de l'impôt sur le revenu des ménages modestes (2014-2017)
environ −5 source ↗
Fin de la surtaxe d'impôt sur les sociétés (2017)
−2,6 source ↗
Contribution sociale de solidarité des sociétés : abattements (2015-2016)
−2,0 source ↗

Présidence d'Emmanuel Macron (depuis 2017)

Suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales (2018-2023) Gain des ménages en 2023, dont 5,7 milliards pour les 20 % les plus aisés ; la Cour parle d'effets « anti-redistributifs ». Les collectivités sont compensées par l'État.
−18,9 source ↗
Baisse des impôts de production (2021) Dont 7,2 milliards de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ; une partie revient par l'impôt sur les sociétés.
−10,1 source ↗
Baisse de l'impôt sur le revenu (2020)
Impôt sur la fortune remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (2018) 3,2 milliards prévus en 2018 ; 4,5 milliards en 2022 selon France Stratégie.
−4,5 source ↗
Heures supplémentaires sans cotisations salariales ni impôt sur le revenu (2019) 3,8 milliards prévus ; 4,4 constatés en 2024.
−4,4 source ↗
Baisse du taux de l'impôt sur les sociétés à 25 % (2018-2022) Part votée en 2017 ; 11,2 milliards par an à partir de 2023 avec la baisse votée fin 2016.
−4,1 source ↗
Suppression progressive de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (2023) Les étapes suivantes ont été reportées.
Suppression de la contribution à l'audiovisuel public (2022) L'audiovisuel public est désormais financé par une part de TVA.
−3,2 source ↗
Gel de la hausse prévue de la taxe carbone (2019) Par rapport à la hausse votée ; à terme, celle-ci devait rapporter plus de 12 milliards par an.
−2,9 source ↗
Prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital (2018) Chiffrage du gouvernement ; France Stratégie l'estime plus faible après coup, une fois comptés la hausse de la CSG et l'essor des dividendes.
−1,9 source ↗
Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (2025) Avec la contribution sur le fret maritime. Temporaire, réduite en 2026.

Échelle commune de −20 à +20 milliards d'euros par an. Chaque montant est celui de l'organisme cité ; les périmètres et les années de référence diffèrent, c'est pourquoi la page n'en fait pas la somme.

Voir les chiffres en tableau
MesureAnnéeEffet annuel sur les recettesSource
Hausse de la TVA (taux normal de 19,6 à 20 %, taux intermédiaire de 7 à 10 %)
5,6 milliards prévus par le gouvernement. Elle devait financer en partie le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.
2014+6,5Insee, Tableaux de l'économie française 2016
Fin de l'exonération des heures supplémentaires
Somme des chiffrages de l'Insee pour 2012, 2013 et 2014 (calcul).
2012+4,6Insee, Tableaux de l'économie française 2015
Limitation de la déduction des intérêts d'emprunt des entreprises2013+2,7Assemblée nationale, rapport n° 251 sur le budget 2013
Prélèvements sociaux sur les revenus du capital : +2 points2012+2,6Assemblée nationale, rapport n° 79
Forfait social sur l'épargne salariale porté de 8 à 20 %2012+2,3Assemblée nationale, rapport n° 79
Revenus du capital soumis au barème de l'impôt sur le revenu2013+1,4Assemblée nationale, rapport n° 251
Impôt sur la fortune : retour au barème progressif2013+1,0Assemblée nationale, rapport n° 251
Tranche d'impôt sur le revenu à 45 %2013+0,3Assemblée nationale, rapport n° 251
Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi
De 18 à 23 milliards par an de 2014 à 2018 ; 111,6 milliards au total pour les salaires de 2013 à 2018 (calcul). Compté comme une dépense par l'Insee.
2013-2018environ −20France Stratégie, rapport du comité de suivi, 2018
Pacte de responsabilité : allègements de cotisations
Somme des chiffrages du gouvernement pour 2017 (calcul).
2015-2016environ −10Assemblée nationale, rapport d'information n° 3684
Baisse du taux de l'impôt sur les sociétés vers 28 %, votée fin 2016
Montant en régime de croisière.
2017-2020−7,1Assemblée nationale, rapport n° 273 sur le budget 2018
Baisse de l'impôt sur le revenu des ménages modestes2014-2017environ −5Assemblée nationale, rapport d'information n° 3684
Fin de la surtaxe d'impôt sur les sociétés2017−2,6Insee, Tableaux de l'économie française 2018
Contribution sociale de solidarité des sociétés : abattements2015-2016−2,0Assemblée nationale, rapport d'information n° 3684
Suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales
Gain des ménages en 2023, dont 5,7 milliards pour les 20 % les plus aisés ; la Cour parle d'effets « anti-redistributifs ». Les collectivités sont compensées par l'État.
2018-2023−18,9Cour des comptes, janvier 2025
Baisse des impôts de production
Dont 7,2 milliards de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ; une partie revient par l'impôt sur les sociétés.
2021−10,1Sénat, rapport général n° 138 sur le budget 2021
Baisse de l'impôt sur le revenu2020−5Assemblée nationale, rapport n° 2301 sur le budget 2020
Impôt sur la fortune remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière
3,2 milliards prévus en 2018 ; 4,5 milliards en 2022 selon France Stratégie.
2018−4,5France Stratégie, octobre 2023
Heures supplémentaires sans cotisations salariales ni impôt sur le revenu
3,8 milliards prévus ; 4,4 constatés en 2024.
2019−4,4Projet de loi de finances 2026, annexe « Voies et moyens »
Baisse du taux de l'impôt sur les sociétés à 25 %
Part votée en 2017 ; 11,2 milliards par an à partir de 2023 avec la baisse votée fin 2016.
2018-2022−4,1Assemblée nationale, rapport n° 273 sur le budget 2018
Suppression progressive de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises
Les étapes suivantes ont été reportées.
2023−4Sénat, rapport général sur le budget 2023
Suppression de la contribution à l'audiovisuel public
L'audiovisuel public est désormais financé par une part de TVA.
2022−3,2Assemblée nationale, rapport n° 147
Gel de la hausse prévue de la taxe carbone
Par rapport à la hausse votée ; à terme, celle-ci devait rapporter plus de 12 milliards par an.
2019−2,9Cour des comptes, juillet 2022
Prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital
Chiffrage du gouvernement ; France Stratégie l'estime plus faible après coup, une fois comptés la hausse de la CSG et l'essor des dividendes.
2018−1,9France Stratégie, octobre 2021
Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises
Avec la contribution sur le fret maritime. Temporaire, réduite en 2026.
2025+8,0Insee Première n° 2106, mai 2026

Au total

  • Selon la Cour des comptes, les baisses de prélèvements obligatoires décidées à partir de 2018 représentent 62 milliards d'euros en 2023, soit 2,2 points de PIB : « Ces baisses de prélèvements, non compensées par des économies en dépenses, ont creusé le déficit de l'État et accru sa dette. » Cour des comptes, juillet 2024
  • Le gouvernement chiffrait en novembre 2021 les baisses du premier quinquennat à 26 milliards d'euros pour les ménages et 26 milliards pour les entreprises. Assemblée nationale, commission des finances, 3 novembre 2021
  • Sous François Hollande, les hausses l'ont emporté : +22,8 milliards d'euros de mesures nouvelles en 2012 (dont une partie votée avant son élection) et +29,5 en 2013, puis des baisses à partir de 2015 (−2,2 en 2015, −4,0 en 2016). Selon l'OFCE, ses mesures représentent +27 milliards sur le quinquennat : +35 pour les ménages, −21 pour les entreprises. Cour des comptes, juin 2017 ; OFCE, septembre 2016
  • Depuis 2024, le mouvement s'inverse : +23 milliards d'euros de hausses en 2025, +14 milliards prévus en 2026, +17,2 milliards proposés pour 2027. Une partie est temporaire. Insee Première n° 2106 ; Assemblée nationale, rapport n° 3291 sur le budget 2027
  • Aucune institution ne calcule le coût cumulé de ces baisses depuis 2018, ni leur part en euros dans la hausse de la dette. L'estimation publique la plus proche est celle de l'OFCE : 31 à 48 % de la hausse de la dette rapportée au PIB entre 2016 et 2023 viennent de choix budgétaires durables, baisses d'impôts et dépenses confondues. OFCE, mai 2024

Les aides publiques aux entreprises

Il n'existe pas de définition unique des aides publiques aux entreprises : selon ce que l'on compte, les montants publiés vont d'environ 60 à plus de 200 milliards d'euros par an. Il s'agit surtout d'impôts et de cotisations en moins, plus que de sommes versées.

La commission d'enquête du Sénat qui a établi le chiffre le plus élevé souligne aussi que les prélèvements sur les entreprises sont élevés en France, pour financer le modèle social, et que les aides doivent s'apprécier dans ce contexte.

211 Md€ Aides publiques aux entreprises en 2023 au sens large : dépenses fiscales, allègements de cotisations, prêts et garanties de la banque publique d'investissement, subventions. 108 milliards au sens strict. Sénat, commission d'enquête, juillet 2025
60 à 166 Md€ Aides publiques aux entreprises en 2024 selon le premier recensement officiel annexé au budget : 59,8 milliards d'aides ciblées, 166,1 milliards avec les allègements généraux de cotisations et les taux réduits de TVA. Direction générale du Trésor, octobre 2026
75 Md€ Exonérations de cotisations sociales en 2023, plus de 80 milliards en 2024. Rapportées au PIB, elles sont passées de 1,1 % en 2004 à 2,8 % en 2022. Cour des comptes, rapport sur la Sécurité sociale, mai 2025
7,8 Md€ Crédit d'impôt recherche, chaque année : la plus importante des aides à l'innovation. Annexe au projet de budget 2027 sur les aides aux entreprises

Ce que l'on sait de leur efficacité

  • Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi : selon son comité de suivi, l'effet le plus vraisemblable est de l'ordre de 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur 2013-2015, dans une fourchette allant de 10 000 à 200 000. France Stratégie, octobre 2017
  • Allègements de cotisations patronales : leur effet sur l'emploi est établi lorsqu'ils sont concentrés près du salaire minimum, et s'atténue à mesure qu'ils s'étendent vers les salaires plus élevés. Le Conseil d'analyse économique (2019) puis la mission Bozio-Wasmer (2024) concluent dans le même sens. France Stratégie, rapport Bozio-Wasmer, octobre 2024
  • Remplacement de l'impôt sur la fortune par l'impôt sur la fortune immobilière : manque à gagner estimé à 4,5 milliards d'euros en 2022 ; les évaluations n'ont pas mis en évidence d'effet sur l'investissement des entreprises dont les actionnaires en ont le plus bénéficié, une évaluation que le comité juge « très compliquée ». France Stratégie, comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital, octobre 2023
  • La Cour des comptes relève que 14 % des dépenses fiscales ne sont pas chiffrées et que le nombre de bénéficiaires est inconnu pour 43 % d'entre elles. Cour des comptes, avril 2025

Les dépenses ont-elles baissé ?

En euros, les dépenses publiques sont passées de 1 321 milliards d'euros en 2017 à 1 672 milliards d'euros en 2024. Une fois retirée la hausse des prix à la consommation sur la période (+21,5 %), elles ont augmenté de 4,1 %. Certains postes ont nettement progressé, d'autres ont reculé.

Évolution des dépenses par fonction, 2017-2024, hors hausse des prixEn %, avec les montants en milliards d'euros
Protection sociale (retraites, famille, chômage, pauvreté…) 557 → 693 Md€
+2,4 %
dont retraites et vieillesse 310 → 392 Md€
+4,0 %
Santé 190 → 261 Md€
+13,1 %
Enseignement 119 → 149 Md€
+3,1 %
Affaires économiques (aides aux entreprises, transports, énergie, emploi) 149 → 166 Md€
-8,4 %
Services généraux des administrations 150 → 181 Md€
-0,5 %
dont intérêts de la dette 45 → 59 Md€
+7,7 %
Défense 40 → 54 Md€
+11,2 %
Police, justice, prisons, pompiers 38 → 52 Md€
+13,3 %
Logement et équipements collectifs 25 → 42 Md€
+37,3 %
Culture, sport et loisirs 33 → 43 Md€
+7,1 %
Protection de l'environnement 20 → 30 Md€
+22,8 %
Ensemble des dépenses publiques 1 321 → 1 672 Md€
+4,1 %

Dépenses de l'ensemble des administrations publiques classées par fonction. Évolution hors hausse des prix : calcul, avec l'indice des prix à la consommation harmonisé. Source : Eurostat. Les « affaires économiques » baissent en partie par un effet d'écriture : le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi y était compté jusqu'en 2018, puis remplacé par une baisse de cotisations, comptée en moindres recettes.

Que veut dire « économies » ? Le gouvernement les compte par rapport à l'évolution qu'aurait eue la dépense sans mesure nouvelle (« à politique inchangée »). La Cour des comptes les compte par rapport à la hausse moyenne de la dépense de 2015 à 2019 (+1,0 % par an hors inflation), une période où, souligne-t-elle, des efforts importants avaient déjà été faits : réformes des retraites, baisse des dotations aux collectivités, baisse des allocations familiales. Dans les deux cas, une dépense peut augmenter malgré des « économies ». Cour des comptes, juin 2026, encadré p. 85-86

Depuis 2025

  • En 2025, le déficit a baissé grâce à 23 milliards d'euros de hausses d'impôts ; la dépense publique hors intérêts a continué d'augmenter plus vite que l'activité (1 694 milliards, +1,4 % hors inflation pour l'ensemble des dépenses). Cour des comptes, juin 2026
  • Hors crédits d'impôt, la dépense publique représente 56,6 % du PIB en 2025, 2,0 points de plus qu'avant la crise sanitaire alors que la plupart des mesures exceptionnelles ont pris fin : c'est l'« effet de cliquet » dont parle la Cour des comptes. Cour des comptes, juin 2026
  • Les hausses d'impôts décidées pour 2025 et 2026 atteignent 37 milliards d'euros, après « une longue séquence de baisse des prélèvements obligatoires entre 2015 et 2023 ». Le taux de prélèvements obligatoires remonte à 43,6 % du PIB en 2025, le plus élevé de la zone euro. Cour des comptes, juin 2026

Le coût des intérêts

De 2012 à 2020, les intérêts ont baissé alors que la dette augmentait, parce que les taux d'emprunt étaient très bas. Ils remontent depuis 2022 avec la hausse des taux et de l'inflation, une partie de la dette étant indexée sur les prix : 65,7 milliards d'euros en 2025, contre 29,7 en 2020.

Intérêts versés par les administrations publiquesEn milliards d'euros courants
Sarkozy Hollande Macron 0 20 40 60 80 20102020 2002 Intérêts : 482003 Intérêts : 472004 Intérêts : 482005 Intérêts : 482006 Intérêts : 482007 Intérêts : 522008 Intérêts : 572009 Intérêts : 492010 Intérêts : 512011 Intérêts : 562012 Intérêts : 552013 Intérêts : 492014 Intérêts : 472015 Intérêts : 452016 Intérêts : 422017 Intérêts : 412018 Intérêts : 422019 Intérêts : 372020 Intérêts : 302021 Intérêts : 352022 Intérêts : 512023 Intérêts : 532024 Intérêts : 602025 Intérêts : 66 Nicolas Sarkozy François Hollande Emmanuel Macron 0 20 40 60 80 200220042006200820102012201420162018202020222024 2002 Intérêts : 482003 Intérêts : 472004 Intérêts : 482005 Intérêts : 482006 Intérêts : 482007 Intérêts : 522008 Intérêts : 572009 Intérêts : 492010 Intérêts : 512011 Intérêts : 562012 Intérêts : 552013 Intérêts : 492014 Intérêts : 472015 Intérêts : 452016 Intérêts : 422017 Intérêts : 412018 Intérêts : 422019 Intérêts : 372020 Intérêts : 302021 Intérêts : 352022 Intérêts : 512023 Intérêts : 532024 Intérêts : 602025 Intérêts : 66

Source : Eurostat, intérêts versés (comptabilité nationale, ce qui diffère un peu de la « charge de la dette » du budget de l'État).

Selon le Haut Conseil des finances publiques, les intérêts atteindraient 91 milliards d'euros en 2027, soit 2,9 % du PIB. La Cour des comptes prévoit plus de 100 milliards vers 2029. Haut Conseil des finances publiques, avis n° 2026-5 du 25 septembre 2026 ; Cour des comptes, La situation et les perspectives des finances publiques, juin 2026.

À qui la France doit-elle cet argent ?

Fin 2025, 52,7 % de la dette publique française est détenue par des investisseurs étrangers, 15,6 % par la banque centrale (titres rachetés par l'Eurosystème), 16,7 % par les banques françaises et 15,0 % par d'autres acteurs français. La durée moyenne de la dette de l'État est de 8,5 ans : une hausse des taux ne se répercute que progressivement. Agence France Trésor, Rapport sur la dette 2027 (d'après le Fonds monétaire international)

Un pays riche, un État endetté ?

Le patrimoine du pays est très élevé : 19 559 milliards d'euros fin 2024, plus de cinq fois la dette publique. Mais il appartient surtout aux ménages, il est très inégalement réparti, et celui des administrations publiques diminue.

19 559 Md€ Patrimoine de la France fin 2024 : logements, terrains, équipements, et avoirs financiers nets de ce qui est dû à l'étranger Insee Première n° 2081, novembre 2025
14 953 Md€ dont patrimoine des ménages, soit 8,2 fois leur revenu disponible annuel Insee Première n° 2081
690 Md€ dont patrimoine des administrations publiques, en baisse de 234 milliards en 2023 et de 50 milliards en 2024 ; hors bâtiments et infrastructures, leur patrimoine financier est négatif de 2 132 milliards Insee Première n° 2081
48 % du patrimoine des ménages détenu par les 10 % les mieux dotés, début 2024 ; la moitié la moins dotée en détient 7 % Insee Focus n° 371, décembre 2025
  • En 2023 et 2024, le patrimoine des ménages a augmenté moins vite que les prix : hors inflation, il a légèrement baissé.
  • La richesse privée ne finance pas directement la dette publique : elle n'y contribue qu'à travers les impôts, dont le niveau et la répartition relèvent de choix politiques. Les baisses et hausses d'impôts depuis 2012 sont détaillées plus haut.

Ce que proposent les candidats

Méthode

  • Les séries viennent d'Eurostat, qui publie les comptes des administrations publiques transmis par l'Insee selon les règles européennes : dette dite « de Maastricht », déficit, recettes, dépenses, intérêts versés. Dernière mise à jour utilisée : 21 octobre 2026 ; les chiffres de 2025 sont provisoires.
  • Hausse par présidence : écart entre la dette de fin juin qui suit l'investiture et celle de fin juin qui suit l'investiture suivante (ou le dernier trimestre publié, fin juin 2026).
  • Décomposition de la hausse : la hausse de la dette d'une année est égale au déficit de cette année, plus les mouvements de trésorerie et ajustements comptables. Le déficit hors intérêts est le déficit moins les intérêts versés.
  • Évolution hors hausse des prix : montant de la dernière année divisé par celui de 2017, puis par l'évolution de l'indice des prix à la consommation harmonisé. Avec l'évolution générale des prix de l'économie (déflateur du PIB), qui a moins augmenté, la hausse des dépenses serait un peu plus forte.
  • Les chiffres tirés de rapports (Cour des comptes, Insee, France Stratégie, Sénat…) sont cités avec leur lien. Un chiffre d'association, de syndicat ou de groupe de réflexion n'est jamais le chiffre de référence : voir la méthodologie.
  • Toutes les données de cette page sont téléchargeables, pour refaire les graphiques et les calculs : dette.json.

Glossaire

Budget de l'État (loi de finances)
La loi votée chaque année par le Parlement, qui fixe les recettes et les dépenses de l'État.
Projet de loi de finances
Le budget proposé par le gouvernement, avant son examen et son vote par le Parlement.
Loi de finances rectificative
Un budget corrigé en cours d'année, par exemple après une élection.
Contre-budget
Un budget proposé par un parti d'opposition à la place de celui du gouvernement.
PIB (produit intérieur brut)
La richesse produite en France en un an. Exprimer un montant en % du PIB le rapporte à la taille de l'économie. Selon le Haut Conseil des finances publiques, 0,9 point de PIB représente environ 28 milliards d'euros.
Déficit public
Ce qui manque, sur une année, pour que les recettes de l'État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales couvrent leurs dépenses. Il est financé par l'emprunt.
Dette publique
La somme de tout ce qui a été emprunté et pas encore remboursé.
Solde primaire, excédent primaire
Le solde des comptes avant le paiement des intérêts de la dette. Un excédent primaire signifie que les recettes couvrent les dépenses, intérêts mis à part ; il peut aller avec un déficit une fois les intérêts payés.
Intérêts de la dette (charge de la dette)
Ce que coûtent chaque année les emprunts passés.
Prélèvements obligatoires
L'ensemble des impôts et des cotisations sociales.
« À politique inchangée »
L'évolution qu'auraient les comptes si aucune mesure nouvelle n'était prise. Le gouvernement compte son effort par rapport à elle.
Haut Conseil des finances publiques
Organisme indépendant, placé auprès de la Cour des comptes, qui donne son avis sur les prévisions du gouvernement avant le vote du budget.
Multiplicateur budgétaire
La variation de l'activité économique quand l'État dépense ou économise un euro. Sa valeur se discute et dépend de la conjoncture.
Impôts de production
Des taxes payées par les entreprises quel que soit leur bénéfice, comme la cotisation foncière des entreprises (CFE), la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Impôt sur la fortune
Un impôt sur le patrimoine des ménages les plus aisés, supprimé en 2018 et remplacé par un impôt sur la seule fortune immobilière.
« Flat tax »
Le taux unique d'imposition des revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values), en place depuis 2018.
Taxe « Zucman »
Un impôt minimal de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, proposé par l'économiste Gabriel Zucman.
Prix de transfert
Les prix auxquels les sociétés d'un même groupe se facturent entre elles ; ils déterminent dans quel pays les bénéfices sont déclarés.
Niches fiscales et sociales
Les réductions, crédits ou exonérations d'impôts et de cotisations accordés à certains contribuables ou à certaines activités.
Point d'indice
La valeur qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires.
Collectivités locales
Les communes, les départements et les régions. L'État leur rembourse une partie de la TVA payée sur leurs investissements, par un fonds appelé FCTVA.
Sécurité sociale
Les régimes de retraite, d'assurance maladie, de famille et d'accidents du travail, financés surtout par les cotisations.